Les Herman's Hermits ont laissé un souvenir de leur passage dans le spectacle autant par leur participation à la rèvolution musicale des annèes 60 que par la quantité d'argent qu'ils ont gagnè ou rapporté. Dans la gigantesque empoignade engendrée par la venue des Beatles, ils restent les seuls qui ont pu s'asseoir un instant sur le trône royal, pris d'assaut par les innombrables prétendants. Dans les livres d'histoire qui parleront de cette incroyable épopée, les professeurs diront que la bataille décisive fut remportée par les Beatles mais que les Herman's Hermits furent de redoutables combattants.

C'est á Manchester, qui verra également naìtre les Hollies, que l'histoire débute. En 1962 la révolution musicale qui gronde se prépare à coups de guitares et de micros dans les clubs ou les salles susceptibles d'acceillir des adolescents, capables d'aligner quelques accords. Le mouvement musical dorminanat dans les années 50 en Angleterre, le skiffle, est en train de mourir. Les yeux et surtout les oreilles se tournent vers l'Amérique oú les noms de Buddy Holly et des Crickets sont souvent admirés Parmi cette graine de jeunes talents deux noms nous intéressent directement, l'un les Heartbeats et l'autre les Wailers. Le premier est une référence á un titre de Buddy Holly, le second un nom local qui n'a rien á voir avec le combo américain qui deviendra une légende du milieu des années 60. Les temps sont durs pour les futures idoles et il faut bien vivre. Les cachets se résument à quelques livres sterling quand tout va bien. Seuls les plus motivés ou les plus chanceux tiennent le coup, créant un remaniement de personnel constant à l'intérieur de ces formations. C'est ainsi que des Heartbeats et des Wailers naissent les Herman's Hermits. En fait pour l'instant, en 1963, ils se nomment Peter Novack & The Heartbeats. Ils se déplacent en autobus, avec leur matériel pour assurer les dates de leurs engagements. C'est à suite d'un dernier changement que l'on obtient les cinq garçons qui vont partir à l'assaut des hit-parades mondiaux.

LES PREMIERS PAS

La figure de proue est Peter Noone, né in 1947, chanteur. Il n'a que quinze ans et posséde déjà quelques expériences artistiques. Il a participé à des émissions télevisées et obtenu un rôle dans un film avec Judy Garland, «Headless Horsemen». S'il n'est en réalité jamais apparu dans ce film c'est qu'il n'a pas obtenu l'accord de ses parents. Mais sa véritable passion reste la musique. Sa premiére aventure musicale est sa participation à une petite équipe de copains qui veut absolument recréer le son des Shadows. Derek Leckenby, né en 1943, est l'aîné de la bande. Il a fréquenté l'université de Manchester, appris la guitare et est sérieusement décidé d'en faire un métier en officiant au sein des Wailers. Keith Hopwood, né en 1946, est également, guitariste et vient des Heartbeats. Karl Green, né en 1946, bassiste, est le fondateur des Heartbeats. Enfin, Barry Whitwam, né en 1946 également, apprend a batterie à 14 ans et se joint aux Wailers. La fusion des deux orchestres nécessite un petit remaniement, Keith Hopwood et Derek Leckenby étant tous les deux solistes, le premire opte pour la rhymique laissant au second les solos. Ce rôle sera parfois inversé, au gré des disques, ils trouvent leur nom définitif en regardant un dessin animé à la télévision. C'est ainsi que Peter Noone devient Herman et ses accompagnateurs les Hermits. Pour faire plus vrai, ils adoptent à leurs débuts une tenue de scéne faite de peaux de bêtes dans un style tout à fait préhistorique. On peut relever que, si par la suite leur nom a souvent été associé à une image calme et bien propre, ils sont à ce moment là dans la plus pure tradition du rock'n'roll. Ces tenues vestimentaires d'un autre âge apportent un effet visuel indéniable.


Le premier EP francais fin 1964.

L'ASCENSION
Leur réputation grandissante atteint la ville voisine, Liverpool, oú ils se produisent à la fameuse Cavern, fief des Beatles. Un étudiant, Harvey Lisberg, s'occupe de leurs intérêts en devenant manager avec l'aide de Charles Silverman. En homme avisé, début 1964, il écrit à EMI, une des plus grandes industries musicales du pays. Ce coup s'avére payant. Il est mis en contact avec un ancien chanteur, Mickie Most, qui commence à se faire un nom comme producteur. Il s'occupe des Animals qui cartonnet sérieusement avec leur piéce maîtresse «The House Of The Rising Sun» en cet été 1964. Ne creculant devant aucun sacrifice, Harvey Lisberg joint à sa lettre un billet d'avion pour Manchester. Tant et si bien que Mickie Most arrive pour une audition. Sans doute encouragé par ses récents succés, il signe un contrat pour Columbia-EMI, ayant certainement une idée précise de ce qu'il pourra faire avec sa nouvelle trouvaille. Qui dit contrat phonographique dit disque. Les Herman's Hermits ont déjà un répertoire assez étoffé et en particulier un titre de Gerry Goffin et Carole King, «I'm Into Something Good», reprise d'un succés américain du moment, adapté sous le titre «Et Quelque Chose Me Dit» par Richard Anthony et Ria Bartok. Pour eux, ce sera celui-là et pas un autre. Le producteur se fait un peu tirer l'oreille mais finit par donner son accord. Il aurait bien tort de faire autrement car «I'm Into Something Good» atteint la premiére place des classements anglais en semptembre 1964, couplé avec «Your Hand In Mine» de Harvey Lisberg et Charles Silverman. Comme pour les Animals, MGM distribue les produits Mickie Most pour le marché américain. Sa publication entraîne une treiziéme place dans le classement US, surpassant l'original lancé par Earl-Jean, membre des Cookies, produites par le duo Goffin-King. C'est un petit acompte du succés qui les attend là-bas. Ce premier tube a le mérite de poser l'image du groupe et surtout celle du chanteur, Peter Noone. C'est vrai qu'il est mignon, les autres ne sont pas mal non plus, et ce visage d'adolescent ne manque pas d'attirer les regards des filles prêtes à hurler dés la premiére mesure de chaque chanson. Sa jeunesse joue en sa faveur, les teenagers s'identifiant facilement à ce garçon qui pourrait fréquenter la même école qu'éux. Du coup, ils sont obligés de montrer le côté sage de leur personne. Finis les habits en peaux et vive le costume-cravate qui colle mieux avec leur tube, qui n'a rien du «Little Red Rooster» des Rolling Stones. La sortie du second disque ne pose pas de probléme de choix. Le duo de compositeurs Gerry Goffin et Carole King, attiré par le magistrai succés de leur titre, propose d'emblée un successeur, «Show Me Girl». Tout le monde est d'accord pour lui trouver des qualitiés sauf le producteur qui se fait encore une fois prier. «Show Me Girl» sort quand même en novembre 1964, avec «I Know Why» de Charles Silverman et Derek Leckenby en face B. Le simple entre dans le top 20 mais n'a pas l'impact du précédent. Il n'est pas édité en simple aux Etats-Unis.


«Hermania», le premier EP anglais fin 1964.

SILHOUETTES
Fin 1964, à la suite du EP anglais «Hermania» présentant leurs versions de «Sea Cruise», «Mother-In-Law»,«I Understand» et «Thinking Of You», un premier super 45 tours français voit le jour avec «I'm Into Something Good», «Show Me Girl», «Your Hand In Mine» et «I Know Why». Les Américains succombent alors à la Beatlemania et tout produit importé d'Angleterre est trés demandé. C'est le débarquement des Herman's Hermits qui viennent rafraîchir les mémoires qui auraient oublié qu'ils sont maintenant membres du Cashbox et du Billboard. Ils apparaissent dans l'émission TV Shindig, un passage obligatoire pour conquérir les foules agglutinées devant le petit écran. Plutôt qu'une conquête, c'est une consécration, le coeur des demoiselles bat au son de laurs accords. L'Hermania ne va pas tarder à éclater mais il manque encore un petit coup de pouce du destin. Il vient grâce à la publication du troisiéme disque en février 1965. La face principale est occupée par «Silhouettes» (repris en France par Claude François), un gros succés US pour les Rays dans les années 50. C'est un morceau fort et bien dépoussiéré. Grâce à lui les Hermits prouvent qu'ils ne vont pas rester les créateurs d'un seul grand tube. Entré dans les meilleures ventes, il se hisse à la troisiéme place, d'autant mieux que la version originale est peu connue en Angleterre. Pour l'autre face le choix se porte sur «Can't You Hear My Heartbeat», une composition de John Carter et Ken Lewis, deux membres des Ivy League à la plume assez féconde en succés. C'est également un titre trés fort mais il fait ici double emploi. Aux Etats-Unis, MGM le choisit comme face A, couplée à «I Know Why», et il sert de détonateur à l'explosion outre-Atlantique. Il manque de peu la consécration suprême, se hissant en 2e position. Pour ne pas faire de gaspillage, un mois aprés, «Silhouettes» est également publié, avec «Walking With My Angel», de Gerry Goffin et Carole King, en face B. Le public qui en redemande lui donne la force de se classer 5e, ajoutant une nouvelle réusite à leur palmarès. Cette fois-ci ils sont définitivement considérés parmi les plus importants représentants de l'invasion anglaise. Ils vendront en cette année 1965 plus de disques que les Beatles eux-mêmes chez l'oncie Sam, ce qui n'est pas un mince exploit. Pourtant les représentants de classe comme les Rolling Stones, Animals, Dave Clark Five ne manquent pas mais ils n'arrivent pas à damer le pion à ces garçons de Manchester.
Le management de la MGM mise tout sur eux, ils auraient tort de se priver car les principaux, rivaux enregistrent pour des maisons concurrentes, les Animals exceptés. Le premier album, «Introducing Herman's Hermits» au titre facile, est une réalisation destinée à profiter au maximum du marché américain, si généreusement friand de tout ce qui peut le concerner. On prend ce qui-existe déjà («I'm Into Something Good», «Show Me Girl», «I Understand», «I Know Why», «Thinking of You») et pour le reste le groupe retourne en studio à Londres. On y retrouve les reprises propres aux premiers albums de l'époque comme «Kansas City», «Sea Cruise», «Mother-In-Law» qu'ils avaient l'habitude d'inclure en concert. Comme tout ce qu'ils touchent semble se transformer en pépites, il faut bien qu'ils réservent une petite surprise. Elle vient sous la forme d'un morceau qui figure parmi les inédits. Ils ont arrangé une chanson qui sonne comme une vielle rengaine de music-hall. L'accompagnement à la guitare est trés réussi, la mélodie facille à retenir et les paroles faites sur mesure pour Peter Noone. Le titre est un peu long, «Mrs. Brown You've Got A Lovely Daughter», mais cela ne l'empêche pas de rester dans l'histoire comme le plus gros succés et la meilleure vente des Herman's Hermits en mai 1965, avec sa face B. «Dream On», Aussitôt l'album publié, il est matraqué par les radios américaines ce qui oblige MGM à sortir ce simple en avril, sans l'accord des intéressés. «Mrs. Brown You've Got A Lovely Daughter» se hisse en trois semaines au sommet des classements. Il se vend à plus de dix millions d'exemplaires à travers le monde assurant disque d'or pour le simple et l'album. Le tube n'est pas publié en single en Angleterre mais fait l'objet d'un second EP aprés celui intitulé «Hermania» qui regroupe quatre titres des séances du 33 tours MGM. Au vu de son trés bon classement dans les ventes (3e), il est certain que sa parution en simple en aurait fait encore un plus gros tube chez eux. En Angleterre le super 45 tours «Mrs. Brown You've Got A Lovely Daughter» est couplé avec «I Know Why», «Show Me Girl», «Your Hand In Mine», alors qu'en France les titres de complément sont «Walking With My Angel», «Silhouettes» et «Can't You Hear My Heartbeat». Suite à l'immense succés de «Mrs. Brown You've Got A Lovely Daughter» Mickie Most édite en Grande-Bretagne «Wonderful World», emprunté à Sam Cooke, comme continuateur de «Silhouettes», en avril oúil fait un bon score, en se classant 7e. Ce disque engendre un troisiéme EP anglais avec

  «Silhouettes», «Wonderful World», «Can't You Hear My Heartbeat» et «I'm Into Something Good». Aux USA «Wonderful World», couplé à «Travellin' Light», prend aussi la reléve de «Mrs. Brown You've Got A Lovely Daughter» oú il se voit gratifier d'une 4e place en juin. La machine continue de s'emballer, chaque disque est un succés.»


Le second super 45 tours français.

HERMANIA
Aprés une tournée anglaise en mars 1965 oú ils partagent l'affiche avec Del Shannon, venu chanter son tube «Keep Searchin'», les Herman's Hermits s'envolent pour l'Amérique qui leur réserve un accueil démentiel. Ils tournent au sein de la Dick Clark's Caravan of Stars à travers les grandes villes du pays. Partout les foules en délire acclament nos cinq héros qui ont alors un peu de peine à croire à ce qu'ils ne sont pas en train de vivre. Ici, ils ne peuvent pas se produire car la salle est au bord de l'hystérie, là, ils peuvent à peine gagner leur hôtel, les rues sont noires de monde hurlant des slogans de sympathie. De stars ils deviennent superstars, faisant trembler l'edifice constuit par les Beatles. Ils se permettent d'avoir trois titres dans le top 10, de rassembler pour chaque concert dix mille personnes avec en prime l'accord des parents. Le président Lyndon Johnson les veut pour lui tout seul à la Maison Blanche. La reine d'Angleterre les réclame également. Peter Noone, qui accapare à lui seul la plus grande partie des cris de la gent féminine, est l'enfant chéri de l'Amérique sous le regard attendri de papa et maman. On se damande oú ils ont trouvé le temps d'enregistrer de nouveaux morceaux. En juillet, MGM edite simultanément un album, le bien nommé «On Tour», et un simple, «I'm Henry VIII, I Am», une vieillierie du début du siècle, un rien dans la tradition de «Mrs. Brown You've Got A Lovely Daughter», avec en face B «The End of the World». A nouveau les premiéres places des classements n'attendent que ça. Le simple se retrouve No1 et le 33 tours No2, apportant une moisson de disques d'or pour chacun. Le LP «On Tour» compile les succés des 45 tours («I'm Henry VIII I Am», «Can't You Hear My Heartbeat», «Silhouettes») et des reprises comme «Heartbeat» de Buddy Holly, leur version de «For Your Love» des Yardbirds ou encore «I'll Never Dance Again» («Je Ne Danserai Plus Jamais» par Johnny Hallyday). Il y a aussi des originaux, signés Derek Leckenby et Keith Hopwood, dont il ne faudrait surtout pas sous-estrimer les talents de compositeur. Ils ont le plus souvent assuré les faces B de simples qui se sont avérées être plus que du remplissage, avec quelquefois un petit côté progrssif, et l'aide du manager Harvey Lisberg. Ces deux disques sont une nouvelle fois des produits typiquement améicains, n étant pas commercialisés en Angleterre. Ils sont la confirmation des événements que les Herman's Hermits viennent de vivre aux Etats-Unis.


Le LP brésilien «I'm Henry VIII, I Am».

JUST A LITTLE BIT BETTER
En Grande-Bretagne, Columbia-EMI se décide enfin à offrir aux fans anglais un premier album, sans titre, durant l'été 1965. C'est à peu prés l'équivalent de «On Tour». Il fait un score honorable en se classant 16e. C'est un bon baramétre pour mesurer la différence de popularité qui existe de chaque côté de l'Atlantique. Il est vrai qu'en Angleterre, et surtout en France, le marché du super 45 tours domine celui du 33 tours, comme en témoignent les EP anglais et français à venir regroupant «A Must To Avoid», «I'm Henry VIII, I Am», «Just A Little Bit Better», «Walkin' With My Angel» d'un côté de la Manche et de l'autre «I'm Henry VIII, I Am», «Dream On», «Just A Little Bit Better» et «Wonderful World».
Lors de leur seconde tournée à travers les Etats-Unis, le succés est encore plus extraordinaire, il y a quarante mille personnes à l'Hollywood Bowl et plus de deux cent mille à Atlanta, oui vous avez bien lu, il ne s'agit pas d'une erreur du typographe. C'est un record absolu. Ils reçoivent les clefs de la cité dans plusieurs villes sous les cris de la foule en délire et la protection de la police. En Angleterre, la situation est beaucoup plus calme. En septembre, Mickie Most édite un simple pour compenser la non parution de «I'm Henry VIII, I Am» sous cette forme. C'est un titre écrit par Kenny Young, «Just A Little Bit Better» («Mieux Que Tout Ça» par les Faux Fréres), qui est choisi. Il n'entre pas dans le top 10 du moment, finissant 15e. Les Américains lui réservent un accueil plus favorable en hissant «Just A Little Bit Better» en 7e position, marquant quand même un léger recul par rapport aux succés précédents. C'est un peu dommage car le disque est bon, un bel exemple de beat à la sauce midtempo. Mais cela ne gêne en rien le fantastique impact qu'ils ont su créer aux States. En face B «Sea Cruise» succéde à «Take Love Give Love» par rapport à l'Angleterre. Les potins aliant bon train, Peter Noone se retrouve presque fiancé avec la chanteuse Twinkle qui débute avec son tube «Terry». Il est présenté à Elvis Presley en personne et les Herman's Hermits se produisent avec Barry McGuire qui à ce moment incarne le mouvement de protestation contre la guerre du Vietnam avec «Eve Of Destruction». Ce tube est dû à l'écriture d'un trés bon chanteur folk, P.F. Sloan, qui enregistre pour l'écurie Dunhill. Comme il n'est pas avare de ses compositions, il en glisse une qu'il a écrit en collaboration avec Steve Barri, «A Must To Avoid», à l'oreille des Hermits. Il n'y a pas de traces de folk-rock dans son contenu, couplé à «The Man with The cigar». C'est un produit à 100% beat qui propulse son enrigistrement par les Herman's Hermits dans le Top 10 des deux côtés de l'Atlantique fin décembre 1965 faisant même deux places de mieux en Angleterre oú'il est 6e en javier 1966. L'année 1965 se termine sous les meilleurs auspices puisque leur troisiéme LP sur MGM, cette foisci un «Best Of» idenique à l'anglais du même nom, est à nouveau disque d'or.


Le EP espagnol «Listen People».

HOLD ON
MGM est aussi une gigantesque entreprise cinématographique. Il est bien évident que posséder des artistes qui vendent des disques à la tonne donne envie de presser le citron un peu plus. Pour l'instant toute la filmographie des Hermits, à part les émissions TV se résume à une apparition dans «Pop Gear», début 1965, aux côtés des Animals, Beatles, etc. Aprés la compilation «British-A-Go-Go» , incluant «Wonderful World» et «Mrs. Brown You've Got A Lovely Daughter» aux côtés de divers groupes produits par Mickie Most, MGM décide de réaliser une comédie musicale avec les Herman's Hermits, produite par Sam Katzman. Le titre résume l'aspect intellectuel du scénario: «When The Boys Meet The Girls» (quand les garçons rencontrent les filles!). La distribution comprend une pléiade de stars de la MGM, côté phonographique: Connie Francis, Louis Armstrong, Liberace et les inévitables Sam The Sham & The Pharaohs. Les Herman's Hermits interprétent deaux chansons, «Bidin' My Time» et un joli slow, «Listen People». Ce dernier est une nouvelle composition de Graham Gouldman, un habitué aux succés depuis qu'il écrit pour les Yardbirds, dont les Hermits se sont emparés de «For Your Love» pour l'inclure sur un album. Sa publication en simple en février 1966 assure un nouveau tube majeur aux USA, grimpant à la 3e place. En Angleterre, Columbia-EMI qui ne veut décidément rien savoir, oubliant la face B américaine «Got A Feelin'», le met en face B de «You Won't Be Leaving» qui entre dans le Top 20 en avril 1966. Mais il manque toujours un vrai film, le «Quatre Garçons Dans Le Vent» des Hermits. MGM tente le coup avec cette fois-ci un réalisateur de renom, Arthur Lubin. La bande sonore est dédiée entiérement à l'Hermania sous le nom «Hold On».
Le principal but du scénario est de faire rire. Une histoire peu sérieuse oú ils sont poursuivis par un agent de la NASA. Pour le côté sentimental, c'est Shelley Fabares, égérie du film «Girl Happy» d'Elvis Presley, qui paraît à l'écran. Le thème principal est signé P.F. Sloan-Steve Barri. Une grande partie est laissée aux soins du trio de compositeurs Karger-Weisman-Wayne qui a pas mai travaillé pour Presley. La MGM's empresse de publier la bande sonore en 33 tours. Depuis le début de leur carriére c'est sand doute l'album «Hold On» qui va le plus dans la direction du rock'n'roll. Six morceaux en sont extraits pour le EP anglais «Music From The Soundtrack, Hold On», «Hold On», «Where Were You when I Needed You», «George And The Dragon», «All The Things I Do For You Baby», «Wild Love» et «A Must To Avoid». Les thémes «Got A Feeling», «Wild Love», «Leaning On A Lamp Post», «Make Me Happy» et «Gotta Get Away» étant réservé au LP américain. Pour le 45 tours, le choix se porte sur «Leaning On A Lamp Post», en avril 1966, théme qui s'éloigne le plus du rock, approchant le music-hall. Le morceau «Hold On» bien meilleur est relégué sur l'autre face. Il semble bien que ce soit encore une fois le choix de Mickie Most qui soit en cause. Il tire un peu les marrons du feu en lui donnant la vedette du EP anglais «Hold On» qui obtient un bon succés grâce à la présence de six titres. Grâce à l'immense renom des Herman's Hermits, le simple attieint le Top 10 et l'album est bien classé, mais ils ne reçoivent pas de disque d'or à cette occasion. Si le film connait un bon succés aux Etats-Unis, il faut constater une fois de plus que peu de stars du disque ont réaliser un film d'un grand renom artisque.


«Je Suis Anglais», un inédit chanté en français.

JE SUIS ANGLAIS
Le France est un des rares pays à être resté assez hermétique à l'Hermania. Pourtant ils ont fait ici un effort notoire, celui d'interpréter en français un thème original, «Je Suis Anglais», ecrit par Ralph Bernet et Gilles Jérome, couplé avec «Listen People», «The Man With The cigar» et «Don't Try To Hurt Me». C'est un cadeau amené lors d'une de leurs venues à Discorama en mars 1966. «Je Suis Anglais» n'est certainement pas le meilleur titre de leur carriére et il n'a pas connu beaucoup de faveur auprés du public. Néanmoins c'est l'une des meilleures tentatives du genre avec celle des Searchers et de Peter & Gordon. Outre la reprise de «I'm Into something Good» en «Et Quelque Chose Me Dit» par Richard Anthony et Ria Bartok, c'est «Silhouettes» par Claude François, calquée sur leur version, qui est la plus connue des mélodies qu'ils ont popularisées en France. L'adaptation des Faux-Fréres de «Just A Little Bit Better» («Mieux Que Tout Ça»), sur leur premier super 45 tours Barclay, sans surclasser l'original, mérite le détour par ses parties vocales et le punch qu'elle dégage.
Les Herman's Hermits tournent alors éormément à travers le monde. Ils visitent l'Australie, le Japon, l'Europe et bien sûr les Etats-Unis oú ils sount des stars. En juin 1966 paraît le 45 tours «This Door Swings Both Ways»/«For Love» au succés plus modére, No12 aux USA et No18 en Angleterre. Son manque de réussite n'est pas dû à une baisse quelconque de popularité. Ils sont un des rares groupes nés de la Beatlemania dont la réussite ne se mesure pas seulement en termes de tube mais également en cote d'amour de la part de leurs fans. L'aspect discographique n'étant qu'une des facettes du phénoméne engendré par Peter Noone (chant), Derek Leckenby (lead guitare), Keith Hopwood (guitare rythmique), Karl Green (basse), et Barry Whitwam (batterie). La suite de leur carriére, dans un futur numéro de Juke Box Magazine, réservera encore une belle liste de tubes, calibrés sixties, par les Herman's Hermits.


Le Premier «Best Of» américain.

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